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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 21:39

                   IRLANDE

     QU’ELLE ÉTAIT VERTE MA VALLEE.

     L’évolution de l’économie irlandaise des 15 dernières années,constitue un véritable cas d’école que nous allons analyser en appliquant les principes du Hirshisme,comme nous l’avons fait pour l’économie Française dans la série d’articles « LE DECLIN ECONOMIQUE »

     L‘Irlande est un petit pays de quelques 9.000.000 d‘habitants qui

a intégré l’UNION EUROPEENNE en 1973.A cette époque,la population essentiellement rurale,formait une société peu industrialisée,plongée dans une léthargie économique qui en faisait le pays le plus pauvre de l’U.E.Le chômage y était relativement élevé,et la partie la plus dynamique de sa population ,ne trouvant pas sur place de structures suffisantes qui lui permettait de s’épanouir,émigrait en masse vers les Etats-Unis.L’administration de ce pays traditionnel,était réduite à sa plus simple expression,et ,par conséquent,les prélèvements fiscaux nécessaires à son fonctionnement étaient parmi les plus faibles. 
     Pour assurer son développement,une fiscalité très avantageuse a été mise en place,et les grandes entreprises européennes et américaines,attirées par elle,y ont implanté des filiales essentiellement administratives et commerciales. elles vendent leurs produits et leurs prestations à la maison mère restée sur le continent,en les surfacturant afin de transférer leurs bénéfices en Irlande ,et profiter en toute légalité du faible taux d’imposition sur les sociétés .Remarquons en passant,que dans ce processus,d'une part,le fisc français,donc les contribuables français,est spolié de l'impôt sur les bénéfices des entreprises concernées,d'autre part,les prestations que les filiales irlandaises vendent aux maisons mères,constituent des importations qui doivent être équilibrées par des exportations pour respecter l'équilibre Hirshien.Le personnel productif de ces filiales,issu des maisons mères,ou recruté en Europe continentale,perçoit des salaires relativement élevés,car les charges sociales y sont faibles.Nous admettrons que ce personnel dépense 60% de son salaire sur place,et en envoie 40% dans son pays d’origine au titre de l’épargne.Les services,et les emplois secondaires de ces filiales sont assurés par la population locale irlandaise.

     C’est cette situation ainsi structurée que nous allons analyser dialectiquement.

     Du point de vue strictement économique,les filiales exportent leur production.

     En transférant 40% de son salaire dans son pays d’origine,le personnel expatrié effectue une Importation de sa Force de Travail pour le même montant.L’exportation nette des filiales est donc la différence entre la valeur de la production exportée et le salaire exporté.

     La Marchandise est exportée,alors que la capacité de consommation constituée par 60% du salaire des expatriés,et le salaire des collaborateurs locaux,reste en Irlande.et y stimule la consommation,essentiellement de logements de nourriture et de distractions.

     Dans un premier temps,ce déséquilibre résorbe progressivement le chômage local,et assure le démarrage de la croissance de l’économie locale.C’est la phase de décollage.

     La persistance du déséquilibre dû à l’afflux croissant des filiales d’entreprises européennes,attire,dans un deuxième temps,les travailleurs fluides (Tfl) issus des pays d’Europe centrale,ou d’ailleurs,attirés par le taux de change favorable de la monnaie irlandaise par rapport à leur monnaie d’origine.Ces derniers envoient la quasi-totalité de leur salaire dans leur pays d’origine,compte tenu du fort pouvoir d’achat que ce salaire y acquiert.Ces exportations monétaires s’ajoutent aux 40% de leur salaire exportés par les travailleurs des filiales,et constituent une importation qui neutralise progressivement la capacité de consommation crée par les exportations des filiales.

     Tout se passe comme si la capacité d’achat générée par les exportations des filiales,alimentaient l’évasion monétaire des travailleurs fluides (Tfl).Les travailleurs irlandais sont alors progressivement tenus à l’écart de la croissance.L’expansion nette de l’Irlande n’est plus alimentée que par la croissance de l’activité des filiales,qui connait fatalement une limite.Lorsque cette limite est atteinte,c’est la phase d’équilibre.

     La croissance de l’activité impose la mise en place de structures administratives de plus en plus complexes qui font croître les dépenses de l’Etat,donc la fiscalité.Par ailleurs,la demande permanente induit une inflation latente.Ces deux facteurs vont peser de manière de plus en plus forte sur l’intérêt qu’offre l’Irlande ,à l’installation des filiales.

     L’équilibre peut être rompu de deux manières:

     1°)L’attrait que l’Irlande exerce sur les travailleurs fluides (Tfl) conduit à une évasion monétaire supérieure à celle des exportations nettes des filiales,et vide littéralement l’Irlande de sa substance.L’offre de produits et de services de cette population dépasse la demande.C’est la surproduction par excès de l’offre.La réduction de l’offre amène le Chômage.

     2°) L’activité des filiales se réduit,soit par baisse de l’attrait de l’Irlande,soit à cause de la crise induite par la hausse du prix du pétrôle.L’activité des filiales devient alors inférieure à l’évasion monétaire des travailleurs fluides (Tfl).C’est la surproduction par insuffisance de la demande.L’adaptation conduit au chômage.C’est la phase de décroissance dans laquelle il semble que l’Irlande soit désomais entrée.

     LES REMEDES.

     Et nous retombons dans les éternels équilibres Hirshiens.Les différentes phases du développement économique doivent être gérées avec une attention soutenue,afin qu’elles laissent continuellement un solde raisonnablement positif en faveur de l’Irlande.

     Cet équilibre est maintenu par un contrôle strict de l‘évasion monétaire des travailleurs fluides etdes importations,en fonction de l(activité des filiales

     Le temps presse,mais il est encore temps,l’état irlandais doit mettre à profit cette période encore favorable,pour mettre en place une industrie productive nationale de préférence fordienne,dirigée par une élite irlandaise pour la formation de laquelle la nation doit constituer un système éducatif efficace,de formation.

     Souhaitons que ce BLOG tombe sous les yeux d’un ou de plusieurs responsables irlandais,afin qu’ils prennent des mesures énergiques en faveur de ce pays et de cette population si attachants que j’ai connus à une époque où l’herbe était encore verte.

                                                               H.B.

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Published by H.Borentain - dans economie
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