Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 13:53

  PARADOXES ET REALITES ECONOMIQUES

                                                              LA DEBACLE.

 

                                                par H.Borentain.

 

     La hausse brutale des prix des Matières Premières industrielles et agricoles laisse nos dirigeants politiques tétanisés,incapables d’élaborer la moindre action défensive.Le manque évident de bases théoriques aux décisions gouvernementales,propage dans la population un sentiment angoissant d’incompréhension et d’inquiétude.Nous voyons apparaître des thèses préconisant la décroissance,et des appels inquiétants au droit à la nourriture dans la perspective d’une famine qui menacerait une partie importante de la population.

     Dans cet article nous allons analyser les conséquences économiques de la hausse des prix des Matières Premières.

     Les Matières Premières. Elles se regroupent en deux catégories:

     1°) Les Matières Premières agricoles dites de première nécessité ( Céréales,lait,viandes…) produites en abondance dans notre pays.

     2°) Les Matières Premières industrielles ( Minerais,pétrole,textiles…),produits dans d’autres pays,et que notre industrie doit importer.

     Les Matières Premières agricoles sont consommées par les Travailleurs pour reproduire la Force de Travail.Leur prix a été maintenu à un nivau très bas par des subvensions diverses et un taux de TVA préférentiel dans le but de réduire le coût de la Force de Travail.

     Les Matières Premières industrielles produites en quasi-totalité dans des pays en cours de développement,et dont le coût a été drastiquement maintenu à un niveau minimal par des taux de change artificiellement défavorables et une exploitation néo-colonialiste.

     L’entrée dans le troisième millénaire a vu l’émancipation fulgurante des pays maintenus jusque là dans une dépendance héritée de la période coloniale.Mettant à profit des taux de changes défavorables,les « pays en voie de développement mettent en place une industrialisation puissante qui rivalise avec notre propre production et provoque son effondrement ( voir LE DECLIN ECONOMIQUE )

     Pour équilibrer des budgets largement déficitaires,nos gouvernants se sont trouvés dans l’obligation de réduire,voire de supprimer les subvensions accordées à nos agriculteurs,et les prix des produits agricoles se sont mis à croître vers leur prix réel de production.

     Les bouleversements que ces hausses de prix provoquent dans les économies traditionnelles créent des situations favorables à l’éclosion de déséquilibres entre l’offre et la demande de marchandises qui génèrent la mise en place de PRIMES dont nous n’étudierons pas ici les conséquences.

     A) HAUSSE DES PRIX DES MATIERES PREMIERES EN SYSTÈME PAUPERISTE.

     Rappelons que dans le système paupériste,le Travailleur vend sa Force de Travail au Capitaliste qui la met en œuvre pour produire le Travail.La valeur du Travail est supérieure à celle de la Force de Travail.Le Capitaliste s’approprie la différence,la Plus-Value.

     a) Matières premières agricoles.

 

Elles sont produites en France,en quantité suffisante,leur hausse se décompose en deux parties:

     . Une hausse résultant de la suppression des subvensions

     . Une hausse résultant de l’excès de la demande sur l’offre,au niveau internationnal,qui produit une PRIME au profit de l’agriculteur.

     La hausse des prix des produits agricoles augmente le coût de la Force de Travail et réduit la Plus-Value.

     La première partie de la hausse résulte de la suppression des subvensions financées par l’impôt.Cet impôt est payé par le Capitaliste,donc prélevé sur la Plus-Value.

     La suppression des subvensions augmente le coût de la Force de Travail et réduit la Plus-Value,mais réduit également les impôts prélevés sur la Plus_Value,en quantité strictement égale à la diminution de cette même Plus-Value.Globalement,la situation des Travailleurs,et celle des Capitalistes est inchangée,de même que celle des agriculteurs pour lesquels la suppression de la subvension est compensée par la hausse des prix.

     Remarquons que la suppression de la participation de l’Etat,conduit à une économie de charges administratives ( collecte de l’impôt,distribution des subvensions… ).

     La deuxième partie de la hausse correspond à une prime dont l’origine se situe à l’extérieur de nos frontières.Elle provoque une hausse du coût de la Force de Travail,et une diminution de la Plus-Value globalement égale à la Prime payée aux agriculteurs.C’est un transfert de profit au détriment des Capitalistes,et en faveur des agriculteurs.

     b) Matières Premières industrielles. La France en est particulièrement dépourvue et doit en importer la quasi-totalité.

     Sachant que l’amortissement des machines et des bâtiments se résoud finalement en salaire,plus-values et matières premières,en système paupériste,la valeur d’une marchandise se détermine ainsi:

              S + PV +MP = M (1)

     La vente de la marchandise fournit le salaire,la plus-value,et permet l’achat des matières premières.La partie de la marchandise destinée à l’achat des matières premières,doit être exportée pour réaliser l’équilibre économique.

     Aussi longtemps que le coût des matières premières restait faible,la part de marchandises produites qui devaient être exportées,restait faible,et se diluait dans la complexité des flux économiques

     Dès lors que leur coût devient important,nous devons en étudier plus précisément les effets.

     En appelant « d » la variation d’un élément de cette formule,l’accroissement du coût des matières premières (dMP) ,provoque une augmentation (dS) du coût de la Force de Travail,et donc une diminution (dS) de la Plus-Value.

     L’augmentation du prix des matières premières se traduit ainsi:

     (S + dS) + ( PV - dS ) + ( MP + dMP ) = M + dMP (2)

     La hausse du prix des matières premières réduit la plus-value et augmente la valeur des marchandises,c’est-à-dire du Capital circulant financé par le Capitaliste.Le taux de profit,rapport entre la plus-value réduite, et le Capital majoré,se trouve ainsi réduit de manière exponentielle.

     D’autre part,la proportion de marchandises produites,destinées à l’achat de matières premières,devient importante,et leur exportation délicate,du fait de leur prix plus élevé,et de la balance déjà déficitaire du fait du comportement des travailleurs et des capitalistes fluides (Tfl),(Cfl).

     Si elles ne sont pas exportées,elles se trouvent alors en excès,et la production doit diminuer,ce qui provoque le chômage dont le coût social est financé par les plus-values.

     Un deuxième type de réduction de la plus-value se met alors en place.Elle diminue,du fait de la réduction de la production ET du coût social du chômage.

     La hausse du coût des Matières Premières génère,outre le chômage,une spirale infernale décroissante doublement exponentielle des plus-values.

 

     B) HAUSSE DES PRIX DES MATIERES PREMIERES EN SYSTÈME FORDIEN.

     Rappelons qu’en système fordien,les travailleurs consomment les marchandises qu’ils élaborent.

     a) Matiere premières agricoles.Elles sont produites en France,en quantité suffisante.La hausse se décompose en:

     -Une hausse résultant de la suppression des subvensions

     -Une hausse résultant de l’excès de la demande sur l’offre au niveau internationnal qui produit une PRIME au profit des agriculteurs. .

     La première partie de la hausse est strictement compensée par une baisse des subvensions donc des impôts.L’équilibre général de l’économie n’est pas modifié,on remarquerons toutefois que la consommation de ces produits se répartit uniformément sur la population,alors que les impôts sont grosso modo proportionnels à la richesse.La hausse des prix pénalise alors la partie la plus pauvre de la population,alors que la baisse des impôts favorise la partie la plus riche.

     La deuxième partie de la hausse correspond à une PRIME dont l’origine se situe à l’exterieur de nos frontières.Cette prime ne correspond à aucune production de richesses,elle ne représente qu’un transfert de capacité d’achat au détriment de l’ensemble de la population et au profit des agriculteurs.

     b) Matières Premières industrielles.La France particulièrement pauvre en matières premières,doit en importer la quasi-totalité.

     En Système Fordien la valeur d’une marchandise se détermine ainsi;

                        S + MP = M (1)

     La vente des marchandises fournit le salaire,et permet l’achat des matières premières,et pour maintenir l’équilibre économique il faudrait exporter une fraction de marchandises d’une valeur égale à celle des matières premières importées.

     Aussi longtemps que le coût de ces matières premières reste faible,cette obligation se dilue dans la complexité des flux économiques,et peut être éludée.

     Dès lors que ce coût devient important,nous ne pouvons plus en négliger les effets.

     En appelant « d » la variation des termes de l’équation (1),la hausse des matières premières se traduit ainsi:

            S + ( MP + dMP ) = M + dMP (2)

     Le prix des marchandises a augmenté,réduisant la capacité d’achat des salaires.La fraction de marchandises vendues,consacrées à l’acquisition des matières premières,s’est accrue,réduisant d’autant la fraction de la production destinée aux Travailleurs,au profit des nations exportatrices de matières premières.

     L’équilibre n’est réalisé que si la fraction de marchandises consacrée à l’achat de matières premières est exportée,mais cette exportation devient délicate,du fait de l’augmentation des prix et du déficit commercial déjà établi par le comportement des travailleurs fluides (Tfl).

     Si ces marchandises ne sont pas exportées,elles se trouvent alors en excès,et la production doit diminuer,ce qui provoque le CHOMAGE dont le coût social est assumé par les travailleurs en activité.La terrible spirale infernale du chômage est alors enclanchée

     Un nouveau type de réduction de la capacité d’achat des salaires se met en place par la prise en charge des chômeurs par les travailleurs

     La hausse du prix des matières premières génère,outre le chômage,la décroissance exponentielle de la capacité d’achat des salaires

     L’économie se trouve alors engagée dans un processus hallucinant dans lequel la production engendre inéluctablement le chômage.

 

     Pour les raisons que nous avons exposées plus haut,l’évolution mondiale va entrainer une hausse inévitable et continuelle du prix des matières premières.De ce fait,les inconvénients décrits plus haut,vont s’accroître inéluctablement.

     Nous sommes désormais assis dans un bateau en train de faire naufrage.Pour colmater les brèches et remettre le navire à flots,nous devons reconsiderer l’ensemble de notre système de production dont nous avons maintenu les structures au-delà du raisonnable par un atavisme ringard.

     Nous entrons dans une ère nouvelle,l’ère quaternaire , l’ère loisirielle.

      Dans notre prochain article nous indiquerons les remèdes à cette crise.La hausse des matières premières va nous propulser dans la modernité par un formidable coup de pied au cul.

                                                                  H.B.

Partager cet article

Repost 0
Published by H. - dans economie
commenter cet article

commentaires